Pretty Yende, Benjamin Bernheim : deux jeunes voix trentenaires déjà grandes !

... but it is the electrifying presence of Pretty Yende that lights up this evening.

Feature: Opera-Online

Paris demeure une capitale culturelle à de nombreux égards, en particulier dans le domaine de la musique. Ainsi peut-on y entendre à une semaine d’intervalle la soprano sud-africaine Pretty Yende et le ténor français Benjamin Bernheim, deux voix déjà affirmées, l’une à l’Opéra de Paris dans le rôle-titre de Lucia di Lammermoorl’autre à Eléphant Paname, dans le cadre de l’excellente série L’instant lyrique, pour son premier récital parisien.

Pretty Yende, née à Piet Retief, en Afrique du Sud, a grandi dans un township durant les dernières années de l’apartheid. Et c’est à la télévision, en entendant dans un spot publicitaire, le duo des fleurs du Lakmé de Léo Delibes qu’elle a un coup de foudre pour la voix, pour l’opéra, pour cet imaginaire qui lui permet de s’évader d’un quotidien terne. A 16 ans, elle remporte un concours de chant et passe dans la foulée une audition au Collège de musique d’Afrique du Sud, à l’Université du Cap. Bien sûr, couleur oblige, on lui fait chanter Clara dans Porgy and Bess lors d’une tournée de l’Opéra du Cap au Royaume-Uni, ce qui lui permet de se faire applaudir dans l’air le plus célèbre de l’opéra de Gershwin, Summertime. Et puis, elle remporte le concours Bellini, intègre l’académie lyrique de la Scala, remporte le Concours du Belvédère à Vienne (dans les deux catégories, opéra et opérette) et, en 2011, remporte le fameux Concours Operalia : le monde lyrique international la découvre alors. Elle débute deux ans plus tard au Metropolitan Opera de New York, puis tous les Opéras du monde font appel à elle, l’Opéra Bastille entre autres où on l’entend au printemps 2016 en Rosina du Barbier de Séville, avant qu’on ne l’y retrouve donc, en ce mois de novembre, éblouissante, en Lucia … mais c’est la présence électrisante de Pretty Yende qui donne sa lumière à cette soirée. La voix est riche, l’intonation parfaite, les nuances élégantes, les phrasés gracieux, les aigus scintillants, la présence dramatique intense (ce qui lui vaut une rare standing ovation de tout le public à l’issue de la célèbre scène de la folie) : Pretty Yende est bien une de ces stars capables d’entrainer toute une salle.

Alain Duault – Opera-Online